Aller au contenu

Apprentis sans contrat à la rentrée : trois mois, et ce qu'on peut en faire

Un jeune peut commencer sa formation en apprentissage sans employeur, dans la limite de trois mois. Passé ce délai sans contrat signé, il ne peut pas poursuivre sous ce statut. C'est la seule échéance qui compte à la rentrée, et elle ne se négocie pas.

Ce que dit exactement le texte

« Par dérogation à l'article L. 6222-12, toute personne âgée de seize à vingt-neuf ans révolus, ou ayant au moins quinze ans et justifiant avoir accompli la scolarité du premier cycle de l'enseignement secondaire, peut, à sa demande, si elle n'a pas été engagée par un employeur, débuter un cycle de formation en apprentissage dans la limite d'une durée de trois mois. »

Article L6222-12-1 du Code du travail — version en vigueur depuis le 1er janvier 2019 (loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018), consultée le 16 septembre 2026.

Le même article précise la suite : pendant cette période, le jeune a le statut de stagiaire de la formation professionnelle, le centre de formation où il est inscrit l'accompagne dans sa recherche d'employeur, et les frais de formation correspondants peuvent être pris en charge par les opérateurs de compétences. S'il signe en cours de route, la durée de son contrat est réduite des mois déjà écoulés.

Ce que le délai change pour l'établissement

  • Un effectif qui n'est pas acquis. Chaque jeune non signé à l'échéance est une place qui se vide, après la rentrée, quand plus rien ne la remplace.
  • Une charge concentrée sur l'équipe relations entreprises. Les mêmes semaines servent à placer les non-signés, à suivre les contrats en cours et à préparer la campagne suivante.
  • Une promesse à tenir. C'est en journée portes ouvertes que l'accompagnement au placement a été promis ; c'est en novembre qu'il est jugé, par les jeunes et par leurs familles.

Le vrai goulot n'est pas la qualité des CV

Un atelier CV en septembre améliore un document. Il ne change pas le nombre d'entreprises auxquelles le jeune écrira en octobre, ni le fait qu'il s'arrêtera après quinze candidatures sans réponse. Ce qui manque à cette période n'est pas un livrable de plus, c'est de la continuité : savoir quoi faire un mardi de fin octobre, et voir une trace de progrès quand rien n'a encore abouti.

Et pour l'établissement, ce qui manque est plus simple encore : savoir lesquels de ses jeunes cherchent réellement. Tant que la réponse vient d'un tour de table en réunion, elle arrive après l'échéance.

Ce que nous faisons de ces semaines

  1. Le jeune travaille son dossier offre par offre : le CV est réadapté à l'annonce qu'il vise, pas envoyé partout à l'identique.
  2. Il identifie les interlocuteurs qui recrutent, au-delà des entreprises déjà connues du centre — c'est là que se trouvent les contrats restants.
  3. Il envoie depuis sa propre boîte mail, après avoir relu chaque message. Les entreprises que vous nous demandez d'écarter ne sont jamais contactées.
  4. Les réponses reviennent dans sa boîte et remontent dans son suivi : relances datées, entretiens détectés, et de votre côté une vue d'ensemble par promotion, sans nom par défaut.

Les règles qui protègent vos entreprises partenaires — liste d'exclusion, plafond par entreprise, arrêt d'urgence — sont décrites et vérifiables sur la page établissements.

Votre promotion, en quinze minutes

Combien de jeunes sans contrat, à quelle échéance, sur quelles filières. On regarde ce qui est faisable d'ici là — y compris s'il est trop tard pour cette rentrée.

Parler à l'équipe

À lire ensuite

Questions fréquentes

Combien de temps un apprenti peut-il suivre la formation sans employeur ?

Trois mois. L'article L6222-12-1 du Code du travail permet à une personne de 16 à 29 ans révolus — ou d'au moins 15 ans ayant accompli le premier cycle du secondaire — de débuter un cycle de formation en apprentissage sans avoir été engagée par un employeur, « dans la limite d'une durée de trois mois ».

Quel est son statut pendant ces trois mois ?

Celui de stagiaire de la formation professionnelle. Le centre de formation où il est inscrit l'accompagne dans la recherche d'un employeur, et les frais de formation correspondants peuvent être pris en charge par les opérateurs de compétences selon des modalités fixées par décret.

Que se passe-t-il s'il signe pendant cette période ?

Il signe et il continue : la durée du contrat ou de la période d'apprentissage est réduite du nombre de mois écoulés depuis le début du cycle de formation. Chaque semaine gagnée sur la recherche est donc une semaine de formation sous contrat.

Pourquoi les relances de l'équipe relations entreprises ne suffisent-elles pas ?

Parce qu'elles portent sur le même vivier pour tout le monde. Une équipe place ceux qu'elle peut placer avec ses entreprises partenaires ; les jeunes restants ont besoin d'élargir en dehors de ce vivier, et c'est précisément ce qu'ils ne savent pas faire seuls. Ce n'est pas un défaut de l'équipe : c'est une question de nombre d'entreprises accessibles, pas d'effort.

Comment savoir lesquels de nos jeunes cherchent vraiment ?

Aujourd'hui, en le leur demandant — et la réponse arrive après l'échéance. Un outil que l'étudiant utilise pour candidater produit la trace au passage : nombre de candidatures suivies, date de la dernière, réponses reçues. Sans saisie de personne, et sans que votre établissement nous transmette la moindre donnée nominative.